PIGNONS SUR GLACE

EXPOSITION DU PHOTOGRAPHE CLAUDE GUÉRIN

Salle Réjean Tremblay, 23 août – 22 septembre 2024

Claude Guérin s’adonne à la photographie depuis de nombreuses années et s’intéresse entre autres à l’architecture et aux différents « bâtis » du Québec. Son intérêt pour la ville et la nature le mène, appareil photo en main, dans les rues et ruelles de la ville autant que sur les routes des régions, dans les forêts et sites naturels du Québec.

Depuis 2010 il arpente méthodiquement à chaque hiver les sites de pêche blanche de la province pour y photographier les abris des pêcheurs. Il se rend à plusieurs reprises sur les eaux glacées du Saguenay, de la rivière des Outaouais et du fleuve Saint-Laurent, en Gaspésie et au Nouveau-Brunswick ainsi qu’au large des lacs Saint-Pierre, Saint-Louis, Saint-François et des Deux-Montagnes aux alentours de Montréal. En 2017, 2018 et 2024, il s’aventure sur les lacs glacés de l’Abitibi-Témiscamingue et du nord-est de l’Ontario.

D’autres thèmes font l’objet de ses « séries » ou collections de photos : fleurs et plantes mortes ; marais, marécages et autres eaux ; garages ; vitrines ; affiches déchirées ; murs de la ville et ruelles ; artefacts de cimetières ; maisons, bungalows, « cabanes » ; portails des maisons des vieux quartiers ; ruines industrielles, etc.

Depuis quelques années, un nouveau sujet le passionne au plus haut point : les caches des chasseurs dans toutes les forêts du territoire québécois. Il en a photographié à ce jour plus de 300.

(Site web: www.claudeguerin.photos)

Les cabanes de pêche de Claude Guérin

Le corpus présente des « micro-architectures » qui reprennent une coutume héritée des Amérindiens. Utilisées autrefois dans un but alimentaire afin de nourrir les familles, ces « cabanes » sont bâties aujourd’hui pour le loisir de la pêche. Des abris temporaires faits de bric et de broc, souvent avec des matériaux de fortune recyclés rappelant l’art naïf et savoureux des patenteux.

Souvent disséminées dans une sorte de village éphémère et improbable, elles sont réparties à l’avenant sur des rivières et des lacs gelés surgissant tels des artefacts baroques et multicolores se découpant sur la blancheur de la neige, proposant un intermédiaire entre le confort domestique et le camping en nature.

Si chacune est unique, toutes montrent l’imagination débordante de leur propriétaire : l’ajout incongru d’un balcon, un décor en forme de graffiti ou de motif de camouflage, la présence surprenante de rideaux de dentelle à la fenêtre, des chiffres fixés près de la porte comme indiquant une adresse, une toiture surmontée d’une antenne parabolique ou d’un panneau solaire.

Chaque construction est photographiée frontalement et cadrée au centre de l’image, révélant l’environnement qui l’accueille et la lumière hivernale dans laquelle elle baigne. L’ensemble présente ainsi un répertoire minutieux, presque clinique, proche de l’anthropologie.

— Serge Fisette, directeur de la revue Espace Sculpture de 1987 à 2014